
Momo à Marolles en Beauce
La moto acquise, il allait falloir la prendre en main de façon un peu plus complète.
Mais d’abord, je décidai de lui rendre un aspect plus sportif. En tout cas, je ne voulais plus voir ce porte-bagage disgracieux et ce top-case qui brise la ligne si élégante de la RT. J’apprendrai plus tard que le porte-paquet souffrait d’une soudure rompue. Il semble que ce problème soit courant sur la RT (au moins) et qu’il ne faille pas charger excessivement cet accessoire.
Mon vendeur, Benoit, avait eu la gentillesse de me fournir un saut de vent avec sa boulonnerie. J’ai décidé de remonter celui-ci et je ne le regrette pas: son aspect translucide et fluorescent donne une touche techno à la moto et sur le plan pratique, il bien utile pour protéger le plastron du motard de toutes les cochonneries qui ne demandent qu’à le souiller. Il n’est pas certain qu’il fasse gagner beaucoup de kilomètres à l’heure en vitesse de pointe mais tant qu’il n’en fait pas perdre…
Avant d’aller tester l’engin sur un plan dynamique, il était nécessaire de procéder aux vérifications d’usage. Dans l’ensemble, la moto semblait en état de marche, sauf le dispositif de tension de chaîne, qui avait à l’évidence été mal utilisé. La vis de tension de droite pendouillait lamentablement au bout du bras oscillant et la roue était vraisemblablement de travers. Pas grand-chose d’autre à signaler sinon que le plein d’huile avait été fait un peu trop généreusement et que les disques de frein, pourtant déjà changés, n’étaient pas loin du hors-cote.
Tout ceci ayant été constaté et réparé lorsque c’était possible, j’emportai ma photographe favorite sur la selle et poussai jusqu’aux confins de la Beauce et de la Brie pour mener quelques essais sur une route de campagne. Venant à la fois d’une longue pratique du 125 CBT, un bicylindre en ligne, et de quelques dizaines d’heures de leçons sur une ER5, j’étais étonné des facultés d’accélération et de reprise de la RT, cependant que l’allonge, si elle ne me décevait pas complètement, me laissait un peu sur ma faim. Le compteur arrivait facilement à 110 km/h (100 réels), mais peinait un peu à atteindre les 120. La moto était pourtant montée avec une transmission plus courte d’une dent, ce qui fait de la sixième un véritable sixième rapport, et non un rapport économique.
Ce qui par contre, m’a tout de suite convaincu, c’est l’excellent confort de cette moto, qui va de pair avec un comportement pourtant rigoureux. Ça n’était malgré tout pas donné à ce moment là, car je n’avais pas encore remplacé le combiné de suspension arrière très fatigué. Les conséquences étaient que la moto rebondissait encore longtemps après avoir franchi une bosse, un peu à la manière d’une 2 cv. La RT se comporte presque comme des motos beaucoup plus grosses qu’elle, en dépit de son poids plume, qui la rend extrêmement aisée à manier. Elle colle à la route, mais son pilote ne sent pas les inégalités de celle-ci.
Essais d’accélérations, de freinages, de passages en courbes, de vitesse de pointe, tout fut passé en revue sous ce beau soleil de printemps, et le goût pour la conduite moto, qui m’était un peu passé ces derniers temps, revint quelque peu.
Pour mieux faire connaissance avec ma monture, il me restait à éplucher les factures du premier propriétaire, et du second…
(A suivre…)
avril 21st,2007
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« Bonjour, la moto est toujours à vendre mais j’ai plusieurs acheteurs potentiels.
Selon vos disponibilités que vous m’avez indiqué, nous pouvons éventuellement nous rencontrer sur Paris demain mercredi 04/04.
Sinon, on peux remettre à plus tard notre rendez-vous à votre retour mais je ne vous garantis pas que la moto sera toujours disponible.
Pour ce qui est de l’état général du véhicule, pas de problème particulier , elle fonctionne normalement : seuls défauts : il manque un logo sur le côté

gauche du réservoir, il y a quelques égratignures sur le dessus du réservoir, et la suspension arrière commence à fatiguer.
Voilà vous savez tout !
En attente de votre réponse. »
Momo telle qu’elle était lors de notre première rencontre…
Voilà le message que le sympathique Benoit m’envoya pour me proposer de venir voir sa fameuse MZ RT !
A la mi-avril, j’étais l’heureux propriétaire d’une MZ RT jaune affichant 47 000 km au compteur, et à l’amortisseur effectivement assez fatigué. Mais quel parcours pour en arriver là!
Six mois auparavant, roulant depuis dix ans sur des Honda 125 CBT, je suis à la recherche d’une moto plus pratique, plus confortable et éventuellement plus puissante. Disposant de quelques subsides, je décide tout naturellement de me diriger vers le passage du permis A. Préparation, passage facile du Code, l’épreuve du plateau arrive rapidement en hiver. Seul problème, alors que je n’éprouvais pas de difficultés particulières à l’entraînement, je rate mes deux freinages d’urgence de quelques centimètres. Crispation ? Pneus froids ? Revêtement différent ? Toujours est-il que ce délai pour repasser l’épreuve me permet de faire le point sur mon expérience en 500 centimètres cubes. Je réalise à contrecœur que je ne m’amuse pas autant que je l’aurais cru à conduire ces grosses machines dangereuses. Par ailleurs, j’éprouve les pires difficultés à les manœuvrer à pied. ce qui signifie que si je me porte acquéreur d’un tel engin, il faudra que je le laisse dehors, en raison de la configuration délicate de ma sortie de garage. Avant de repasser l’épreuve du plateau, je me décide à en finir avec le permis A. Lors de l’épreuve, il y a des feuilles mortes partout et la lumière rasante est très gênante. Je dérape dans le demi-tour et finis mon tour à petite vitesse, pas du tout décidé à prendre des risques: fin des ennuis.
Il fallait que je trouve une solution et que j’efface ces déceptions par un choix que j’avais d’abord écarté: cette MZ RT dont je lisais le plus grand bien partout. L’annonce de Benoit tombait bien, j’allais essayer cette fameuse RT…
Lors de notre rencontre sur Paris, je ne suis d’abord pas tout à fait convaincu. Mine de rien, passer de la selle d’une basique 500 à celle d’une 125, même aussi confortable que la RT, fait un drôle d’effet de réduction. Imaginez descendre d’une Jaguar pour entrer dans une 2 cv, c’est un peu la même chose. Je suis un peu déconcerté par la position redressée, le bruit pneumatique du moteur monocylindre, la finesse de la moto perçue par le pilote. Elle me fait plus penser à un trail habillé en roadster qu’à un roadster tel que je l’imagine. Faisant le tour de la Place d’Italie, je me dis: « Bon, elle roule, c’est ta dernière chance de te faire plaisir, prends-la ». Il faut dire que pour 1000 euros, je ne me faisais pas rouler et j’avais droit à l’erreur.
Je la prends donc, et après avoir passé la soirée à Paris, je rentre par un temps doux et agréable. Je découvre un très bon éclairage, des performances très satisfaisantes qui me permettent de bien m’inclure dans la circulation sur l’A6, un confort assez déconcertant par rapport à ce que je peux voir de la selle. La RT est au fond aussi confortable qu’une ER-5. Avec si peu de moyens, c’est un exploit ! Sur l’autoroute, je me redresse sur la selle pour m’ajuster. Soudain, la roue arrière se bloque !
Panique à bord ! Qu’est-ce que j’ai fait ? Qu’est-ce qu’il ne m’a pas dit ? La RT, imperturbable, glisse sur le bitume, roue arrière coincée, restant droite comme un « i ». Et j’ai la présence d’esprit de regarder mon pied droit. Bon sang ! Je suis en train de freiner !
Je venais de faire connaissance avec la légendaire puissance du frein arrière de la MZ RT. Je remarquerai plus tard son incroyable stabilité et sa faculté à retourner à la position initiale, tel un culbuto, lorsque quelque chose va mal.
Ça promettait de bonnes relations entre nous…
(A suivre)